La littérature policière s’efforce de refléter la société telle qu'elle a été, qu'elle est, ou qu'elle devient.
Est-ce prétendre, alors, qu’énigmes, crimes ou intrigues, ne sont que prétextes à évoquer des faits passés, actuels ou futurs, qu'ils soient politiques, économiques, sociaux, régionaux ou nationaux, voire internationaux ?
Certainement pas.
Néanmoins l'enquête policière se déroule dans un environnement donné. Enquêteurs et criminels sont des hommes et des femmes immergés dans ce contexte.
Pour ce qui est de l'environnement, dans mes polars, c'est le Sud. Le sud de la France, et plus particulièrement, le Var, ses paysages, son climat, la mer, la mentalité de ses habitants, l'apparente convivialité et la violence sous-jacente.
Pour le contexte sociétal, ce sont les grands thèmes qui marquent notre époque : les injustices, la science, l'écologie, le climat, les migrations, le terrorisme, les droits de l'homme, le nationalisme, etc...
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mardi 5 mai 2020

Première critique du Monde des anges


Après la parution en numérique.

La bibliothèque impériale de Sissy. Blog littéraire.

Chronique « polars ». 3 mai 2020

Un homme, une femme et leur fils de dix ans sont retrouvés morts dans une chambre d’hôtes, louée pour des vacances dans le Var. La première hypothèse est celle d’un « suicide familial ».
L’enquête est confiée au lieutenant Frédéric Belaïd, qui ne tarde pas à suivre une autre piste que celle du suicide.
Les crimes s’enchaînent et les questions, de plus en plus nombreuses, restent sans réponse. Puis un autre crime est commis. Et encore un autre.
Mais qui est le meurtrier ? Quel est son mobile ? Et s’il n’agissait pas seul ?
Le lieutenant Frédéric Belaïd et ses adjoints, la jeune lieutenante Ninon Fourier dont c’est le baptême du feu, et le major Thibault Silvere ne seront pas trop de trois pour élucider cette énigme qui les plongera dans un passé tragique et révélera de terribles secrets.

Mon avis :
Avertissement : il sera court car je ne préfère pas spoiler l'intrigue du roman.
Ce qui est sûr c'est que vous ne sortirez pas indemne de votre lecture.
Lorsqu'il y a un meurtre, on pense au mobile. Pourquoi tuer un couple et leur enfant ? S'agit-il d'un suicide finalement ? Ou d'un meurtre ?
Pourquoi s'en prendre à un couple sans histoire et à leur enfant ?
Vous allez émettre toutes les possibilités, des hypothèses vont germer dans votre esprit et puis soudain vous serez loin du compte.
Scandale, vengeance seront mis en lumière. Ce polar est habilement mené. On s'intéresse dans un premier temps au meurtrier, au tueur et puis les enquêteurs se posent d'autres questions. S'il y avait plus ? Pourquoi lui ? Quel est son mobile ? Et s'il n'agissait pas seul ? Qui tire les ficelles ?
Les enquêteurs ne lâcheront rien, ils se poseront toutes les questions que vous pouvez vous poser. Parfois leurs nerfs lâcheront, normal ce ne sont que des hommes. Mais ils veulent savoir la vérité, la vérité qui dérange.
Vous allez découvrir jusqu'où les gens peuvent aller pour l'argent, pour la vengeance.
Vous allez découvrir que des scandales peuvent détruire des vies, des familles, à quel prix ? Le pouvoir, le contrôle, l'argent ?
La traque s'intensifie du début à la fin et vous ne serez pas au bout de vos peines.


mardi 13 novembre 2018

L'étoile jaune de l'inspecteur Sadorski

   Après le succès de L'Affaire Léon Sadorski, une nouvelle enquête du sinistre et fascinant inspecteur des Renseignements généraux.


   Paris, 29 mai 1942 : une bombe explose devant le Palais de justice, dans un café fréquenté par les Brigades spéciales, faisant deux morts et plusieurs blessés. Quelques jours plus tard, le cadavre d'une inconnue est découvert en banlieue. Crime passionnel ou politique ?

   Chargé d'enquêter sur ces deux affaires, l'inspecteur Léon Sadorski voit ses projets de vacances contrariés ̶ d'autant plus qu'il doit bientôt participer à la grande rafle du Vél d'Hiv, exigée par les nazis et confiée à la police française. Un destin tragique menace désormais sa jeune voisine Julie Odwak, la lycéenne juive qu'il convoite en secret et dont il a fait interner la mère.

   " Sobriété avant tout : Simenon n'est pas loin. Mais, ici, le crime est de masse. " Frédéric Pagès, Le Canard enchaîné.
   " Un énorme pavé dans le bourbier de la collaboration. Romain Slocombe nous bouscule et réveille notre vigilance. " Valérie Caffier, librairie Le Divan, Paris.
   Romain Slocombe a écrit plus de vingt romans, dont Monsieur le Commandant (prix Nice-Baie des Anges, prix Jean d'Heurs, Trophée 813, sélection du prix Goncourt), Première station avant l'abattoir (prix Mystère de la critique, prix Arsène Lupin) et L'Affaire Léon Sadorski qui a reçu le prix Libr'à Nous et a également figuré sur la liste du Goncourt.

Note : 9/10

L’étoile jaune de l’inspecteur Sadorski, Romain Slocombe, Éditions Points, 8.70 €



Ils ont voulu nous civiliser

 Un très bon polar social.
   Ferrer, un petit trafiquant sans envergure, mais pas bien méchant, s’associe pour un coup foireux avec un dénommé Baxter, un vrai criminel, lui. La collaboration entre ces deux hommes tourne mal et Ferrer pensant avoir tué Baxter s’enfuit. Ce dernier se lance alors à sa poursuite avec deux complices, avides de vengeance. Une longue traque s'engage.
   Tandis qu’une terrible tempête s’abat sur le sud-ouest, Ferrer, pour sauver sa peau, trouve refuge chez un ancien soldat d’Algérie. Sous couvert de souvenirs de cette sale guerre et d’une belle, mais tragique, histoire d’amour, Ferrer et le rustre Alezan (le surnom de l’ancien appelé), vont être confrontés à une violence barbare et cruelle, sur fond nostalgie, de guerre d’Algérie, de racisme et d’amitié.
Critique de Télérama : Marin Ledun réussit un très beau polar social… rythmé par la violence de l’ouragan.
Note : 8/10
Ils ont voulu nous civiliser, Marin Ledun, Editions j'ai lu, 8 €

mercredi 3 octobre 2018

Colère noire

   Une belle découverte que je recommande vivement à mes lecteurs.
   Un industriel qui a frayé dans la mouvance d’extrême droite, est retrouvé mort dans sa baignoire. Tout semble plaider en faveur d’un suicide. Pourtant l’enquête menée par le capitaine Daniel Magne et sa coéquipière Lisa Heslin va révéler qu’il s’agit d’un meurtre.
   Une enquête riche en rebondissements qui nous fait voyager de Paris à New-York puis en Afrique-du-Sud, dans le milieu de la chasse au très gros gibier en Afrique et dans celui, plus surprenant, du tir à l’arc de compétition.
   Malgré quelques approximations et incohérences, certaines descriptions parfois un peu trop languissantes, l’intrigue est bien ficelée et les personnages sont attachants.
Une colère noire et un bon polar, très noir.
Note : 8/10
Colère noire - French pulp éditions - 460 pages - 8.50 €

samedi 17 mars 2018

Nuit, le polar qui vous empêchera de dormir

Rien n'est moins sûr !
L'histoire commence sur une plate-forme pétrolière par une nuit de tempête en mer du Nord.
Une flic  norvégienne enquête sur le meurtre d'une technicienne.
Tout le début du roman est un peu précipité. En fouillant, la jeune femme découvre qu'un homme manque à l'appel. Dans la cabine de cet homme, elle découvre une série de photos.
Et sur ces photos qui voit-on ? Martin Servaz, bien sûr, le héros récurrent de Bernard Minier.
Et comment s'appelle l'homme absent sur la plate-forme ? Julian Hirtmann, bien sûr, l'éternel "rival", "ennemi", "partenaire de jeu", du commandant Servaz. Celui que le flic toulousain poursuit depuis des années, depuis les premiers polars de Bernard Minier.
Mais cette fois-ci, les choses se compliquent à souhait. Non seulement Martin Servaz a reçu quelques mois auparavant une balle qui lui a perforé le cœur, sans le tuer évidemment, non seulement il est accusé par un incompétent de l'IGPN d'avoir abattu un pervers psychopathe alors qu'il n'était pas en légitime défense, mais en plus, la flic norvégienne, de laquelle au passage, il va plus ou moins tomber amoureux, lui présente la photo d'un enfant qui pourrait être celui de Hirtmann... ou le sien !!!
Va s'en suivre un chantage, évidemment pervers, car l'enfant est malade et il a besoin d'une greffe de foie que seul Servaz peut lui donner !!!

Alors oui, il y a du suspens dans ce thriller, c'est un exercice de style dans lequel Bernard Minier est parfaitement à l'aise, mais il y a quelque chose qui cloche dans ce roman-série. Quelque chose qui fait que l'on n'y croit pas vraiment.
Bernard Minier tire un peu trop sur la ficelle. Ce n'est pas le meilleur de ses romans. Il serait peut-être temps pour lui de tourner la page et de faire disparaître définitivement le tueur Hirtmann qui joue avec Servaz dans un feuilleton un peu languissant. Et qui voudrait jouer avec nos nerfs. Mais trop, c'est trop.

Nuit - Pocket - 8.20 €

Note : 6/10

jeudi 28 décembre 2017

Réflexions

« La vallée des temples » soulève de nombreuses questions. Je vais tenter une réponse globale car en fait plusieurs points évoqués par les lecteurs sont liés.

Lorsque l’envie m’est venue de retrouver mes personnages pour une nouvelle enquête je me suis demandé dans quel contexte sociétal je situerais l’affaire criminelle. C’est toujours ainsi que commence ma réflexion. 

Plusieurs domaines me sont alors venus à l’esprit.
Les imprimantes 3D qui se perfectionnent de plus en plus et qui sont vraiment étonnantes.
L’intelligence artificielle, sujet d’actualité s’il en est.
Les drones qui investissent de nombreux domaines, tant militaires que civils.
Les fablabs, ces formidables laboratoires auprès des universités, qui permettent à des universitaires, des chercheurs, des techniciens, des artisans, des ouvriers, des étudiants de travailler ensemble sur leurs projets, de confronter leurs idées, de résoudre leurs problèmes, de « bricoler », d’expérimenter.
Les migrations, bien sûr, leurs cortèges de drames en Méditerranée, en Sicile.
Le nationalisme qui monte dans toute l’Europe, le rejet des étrangers.

Donc, les idées ne me manquaient pas. Tous ces sujets m’intéressaient. Lequel choisir ?
Eh bien, précisément, je n’ai pas choisi. J’ai tout pris et cela a donné ce polar "cocktail" dont le succès ne cesse de m’étonner. Le premier tirage est déjà épuisé.

Je voudrais ajouter que tous les détails et les développements qui concernent ces thèmes sont, bien entendu, parfaitement documentés et vérifiables. Tout est exact, y compris les activités de l’entreprise DCN domiciliée à Ollioules. 
Mon imagination ne tient, dans ce roman, que dans l’histoire et les personnages. Comme dans les épisodes précédents.

Mes lecteurs fidèles savent cela depuis la parution de « Crimes et sentiments » !

dimanche 17 décembre 2017

Lectures de fin d'année

Quatre polars, quatre écritures différentes, quatre histoires, quatre romans intéressants.

Le temps est assassin, de Michel Bussi.
L'histoire de Clotilde qui revisite son passé, ses souvenirs de vacances d'adolescente en Corse, la mort de ses parents et de son frère aîné dans un accident de la route, presqu'île de la Revellata. Elle a été la seule survivante. C'était en 1989.
En 2016, Clotilde revient pour la première fois sur les lieux du drame, avec son mari et sa fille qui a à peu près le même âge qu'elle au moment de l'accident.
Au camping, où elle a vécu son dernier été avec ses parents et son frère, elle reçoit une lettre... de sa mère !
Il faut le talent de Michel Bussi pour rendre cette histoire non seulement crédible, mais aussi haletante et belle. Ce n'est pas un polar au sens strict, je dirais plutôt que... c'est de la littérature tout simplement.
A lire absolument.
Pocket - 8.20 €

Note : 10/10

Le chant des dunes, de John Connoly.
Un thriller dans un univers très noir qui mêle le suspense au fantastique et à l'Histoire avec un grand H.
Mais évidemment, c'est ce côté fantastique qui peut surprendre le lecteur qui peut le ressentir comme une facilité.
Soixante-dix ans après la guerre, les fantômes de l'holocauste viennent hanter ce coin perdu et venteux d'une petite station balnéaire du Maine (Etats-Unis).
C'est un détective privé en piteux état qui mène l'enquête.
Du grand art, comme toujours avec Connoly. Une documentation riche et minutieuse sur le nazisme et la période trouble qui a suivi avec les bourreaux réfugiés en Amérique du Sud et aux USA.
Pocket - 8.00 €

Note : 8/10

Un charmant petit village, de Jean-Michel Lecocq.
L'éditeur ajoute au dessous du titre : roman policier, mais pas que... Et il a bien raison.

L'intrigue se passe dans un petit village du Haut-Var, à Villecroze, où tout le monde se connaît et est bouleversé par la découverte du double suicide d'un couple, gérant d'une maison d'hôtes.
L'enquête est menée en secret par le commissaire Payardelle, star de la crim' au 36 quai des orfèvres, officiellement en vacance dans le Var.
L'ambiance du village est remarquablement rendue par cet auteur qui vit en Provence. Il y a parfois dans ce roman, du Giono ou du Magnan.

Très agréable à lire. Un cadeau pour Noël ?
Editions Lajouanie - 18 €

Note : 7/10

Tension extrême, de Sylvain Forge.
La science complice du crime.
Tout commence par la découverte de deux meurtres étonnamment simultanés. L'enquête, menée par une jeune commissaire à peine sortie de l'école et son adjointe, ancienne du 36, déclenche une cyberattaque qui paralyse la PJ de Nantes.
Aux limites du virtuel et de la réalité, les nouvelles technologie de l'intelligence artificielle conduisent parfois à la folie.

Ce Prix du quai des Orfèvres 2018, comme c'est souvent le cas depuis quelques années, est parfois un peu confus. Les explications scientifiques, pour ne pas ennuyer le lecteur, sont souvent tronquées ce qui les rend incompréhensibles. Ce qui compte, c'est le suspense, bien sûr
.
Editions Fayard - 8.90 €

Note : 7/10

dimanche 1 octobre 2017

Mes dernières lectures

   Eh oui ! Je suis en pleine écriture du 7ème opus des enquêtes de Félicien Aubin (ce sera le denier), depuis des mois. Du coup, je suis à la bourre. Je manque de temps pour écrire des résumés sérieux de mes lectures. Je vous présente donc, succinctement, les 6 derniers polars que j’ai lus. Mais je donne tout de même des notes (vieille manie d’enseignant !)


Dossier 64, de Jussi Adler Olsen

Copenhague, 2010. Une nouvelle enquête de l’incontournable trio formé par Carl Morck et ses assistants, Assad et Rose, nous plongeant dans un sombre chapitre de l’histoire du Danemark.
Le livre de poche, 8.60 €
Excellent. 8/10





Agatha Raisin (prononcer à l’anglaise). La quiche fatale, de M.C. Beaton

Rien à voir avec le précédent. C’est de l’humour anglais. Mais c’est bien écrit, captivant et reposant.
Agatha Raisin est une Miss Marple d’aujourd’hui, une quinqua qui n’a pas froid aux yeux. À la fois exaspérante et attendrissante elle vous fera mourir de rire.
Albin Michel, 14 €
Pour se délasser les neurones. 5/10



Mapuche, de Caryl Férey

Attention ! C’est du lourd.
Ruben, fils d’un célèbre poète assassiné dans les geôles de la dictature argentine dans les années 70 est un rescapé de l’enfer. Trente ans plus tard, il se consacre à la recherche des disparus du régime de Videla.
Folio-policier, 8.80 €
Dur, cruel et émouvant. 9/10



Zulu, de Caryl Férey

Chef d’œuvre absolu.
Enfant, Ali Neuman a fui le bantoustan du KwaZulu pour échapper aux milices de l’inkatha, en guerre contre l’ANC. Aujourd’hui chef de la police criminelle de Cape Town, il doit composer avec 2 fléaux majeurs de son pays : la violence et le sida.
Si l’apartheid a disparu de la scène politique en Afrique du Sud, de vieux ennemis agissent toujours dans l’ombre de la réconciliation nationale.
Folio-policier, 8.80 €
À lire de toute urgence. 9/10





Le jour où les enfants disparaissent (lundi mélancolie), de Nicci French

Un roman à quatre mains.
Sous le pseudonyme de Ricci French se cache un couple de journalistes anglais qui ont décidé de partager leur vie et leur écriture.
Un roman psychologique oppressant, avec pour personnage principal (et récurrent), le docteur Frieda Klein. Psychanalyste, elle est mêlée à une étrange histoire de disparition d’enfants à 30 ans d’intervalle.
Pocket, 7.80 €
À découvrir. 8/10



La fin approche (cruel vendredi), de Nicci French


De la même veine, mais un peu moins bon. Quelques longueurs, meublées par des descriptions inutiles.
Il y a des vendredis où rien ne va. Comme celui Où Frieda Klein est appelée à reconnaître un cadavre repêché dans la Tamise. Cadavre qui porte un bracelet à son nom et qui n’est autre que celui de son ex-petit ami. Devenue suspect n°1, Frieda ne voit qu’une seule issue : prendre la fuite et mener sa propre enquête.
Pocket, 7.80 €
À lire. 6/10



jeudi 5 janvier 2017

Etrange printemps aux Glénan

   Après "Un été à Pont-Aven", l'auteur "des enquêtes du commissaire Dupin", nous invite au paradis de la voile au large de cette belle ville de Concarneau, sur l’archipel des Glénan.
   L'enquête sur la découverte de trois cadavres échoués sur le rivage entraîne le commissaire Dupin et ses adjoints sur ces îles paradisiaques. Parmi les victimes : un homme d'affaires lié à la politique locale et un navigateur de haut niveau qui possède une célèbre école de voile.
   Le roman porte sur les trois jours que dure l'enquête. Il vaut avant tout par la description des magnifiques paysages de cette Bretagne si typique, par les personnages, vivants, attachants et par les ambiances à la fois conviviales et secrètes de la vie des îliens.
  Certes on peut regretter un certain manque de rigueur dans la conduite de l'enquête par ce commissaire atypique. On peut reprocher à l'auteur de ne pas s'être suffisamment documenté sur la plaisance, la voile et même sur la police (il y est question d'inspecteur, alors que ce terme a disparu depuis plus de vingt ans), mais on se laisse emporter avec plaisir, malgré quelques longueurs, par cette histoire qui mêle plusieurs intrigues : une surprenante chasse aux trésors enfouis dans des épaves, des projets immobiliers aux conséquences écologiques dramatiques.
   L'auteur se cache sous le pseudonyme de Jean-Luc Bannalec. Il s'agit en fait d'un écrivain allemand qui a trouvé sa seconde patrie dans le Finistère sud qu'il décrit si bien.

Note : 6/10


Étrange printemps aux Glénan  Pocket 6.95 €

mardi 4 octobre 2016

Énigme à La Havane

   Peut-on comparer Leonardo Padura à Henning Mankell ? L’écrivain cubain au suédois ? Le latino au Nordique ?

   Dans « Passé parfait », le dernier volet de la série « Les quatre saisons », l’auteur de « L’homme qui aimait les chiens » dresse un portrait à la fois réaliste et nostalgique du Cuba des années quatre-vingt. Et ce n’est pas celui des dépliants en papier glacé des agences de voyages.
  Les utopies marxistes confrontées à la dure réalité de l’embargo et aux difficultés de la vie quotidienne à La Havane sont présentes en filigrane dans cette enquête policière. Mais c’est lorsqu’il décrit la convivialité et la chaleur humaine des gens de son pays que Leonardo Padura donne le meilleur de son talent.
   Le lieutenant de police Mario Conde, la quarantaine, solitaire et désabusé, enquête sur la disparition d’un ami de jeunesse, Rafael Morin, qui occupe un poste de directeur dans une grande entreprise. Dans leurs années « lycée », Mario et Rafael ont aimé la même jeune fille, mais c’est le beau et brillant Rafael qui l’a épousée. Nostalgie, quand tu nous tiens !
   L’enquête est parfois poussive. Les dialogues un peu trop forcés – est-ce dû à la traduction ? - font que ce roman n’est sans doute pas un chef d’œuvre. Ce n’est pas le meilleur de l’auteur cubain, mais il vaut tout de même le coup d’être lu.

Note : 7/10

Passé parfait. Leonardo Padura. Éditions Points 7.10 €

vendredi 6 mai 2016

G A T A C A

   Guanine, Adénine, Thymine, Adénine, Cytosine, Adénine. Les 4 lettres de l’alphabet du vivant. Les fameuses 4 bases azotées qui différencient les nucléotides dont les séquences contenues dans les chromosomes permettent le codage des gènes de la molécule d’ADN.
   Ce polar est ambitieux, comme tous ceux de Franck Tilliez.
   L’auteur essaye de mettre à la portée de tous ses lecteurs les mécanismes génétiques de l’évolution biologique. L’éclairage du darwinisme par la biologie moléculaire. L’inné et l’acquis. La part du gène et celle de l’environnement dans les processus d’évolution. Un bel effort de vulgarisation scientifique malgré deux petites erreurs qui ne portent pas préjudice à la démonstration : les rétrovirus ne sont pas des virus qui camouflent leur ADN dans les cellules-hôtes, mais des virus à ARN qui font une transcription inverse de celle des virus normaux », d’ARN en ADN. Et le SIDA n’est pas un rétrovirus mais un syndrome – une maladie ‒ causée par un rétrovirus, le VIH.
   Le pari est-il réussi ? Oui, en grande partie. Mais en grande partie seulement.
  Vouloir mêler dans un thriller, l’Homme de Cro-Magnon contaminé par un virus il y a 30 000 ans, au massacre – génocide ? – des hommes de Neandertal, à la survivance en Amazonie d’une tribu ayant conservé son patrimoine génétique ancestral et dans lequel persiste ce virus codé par la séquence GATACA, à des crimes en série impactant assez directement les deux flics récurrents de l’œuvre de Tilliez, Franck Sharko et Lucie Henebelle, me parait être un exercice périlleux et susceptible de rendre la lecture de ce polar difficile pour les non-initiés aux choses passionnantes de la génétique et de l’évolution biologique.
  Le talent de l’auteur est toujours au rendez-vous. Son remarquable travail de recherche de documentation, également. Mais à vouloir trop en faire dans le suspense, l’imprévisible, l’originalité, le roman a tendance à côtoyer l’invraisemblable, à bifurquer vers la science-fiction. Ce n’est certes pas péjoratif, mais c’est simplement un autre genre littéraire.
   À lire tout de même.
   Note : 6/10

  Tant qu’à faire, je me permets de conseiller à ceux qui ne l’ont pas encore lu, Le laboratoire du diable, mon deuxième polar, qui parle lui aussi de la génétique et de l’eugénisme.
  Et puis, puisqu’on est dans l’auto-publicité, vous pouvez consulter mes 3 essais de vulgarisation scientifique parus chez l’Harmattan : Pour comprendre la génétique, Comprendre l’évolution et L’ADN en question(s).
  On n’est jamais mieux servi que par soi-même !

GATACA, Franck Tilliez. Pocket. 8.50 €

mercredi 13 avril 2016

Miséricorde

Décidément, il n’y en a que pour eux : les auteurs nordiques.
Il faut reconnaître que l’on est rarement déçu à la lecture de leurs œuvres.
C’est le cas de Jussi Adler-Olsen, le danois.

Dans son premier polar publié en français, Miséricorde, on est tout de suite intrigué par le calvaire que supporte cette jeune femme, belle et séduisante, qui représente l’avenir politique de son pays, et qui croupit depuis des années dans une sorte de cage infernale, munie de raffinements cruels permettant de la torturer moralement.
Les circonstances de la disparition de Merete Lyyngaard, restées mystérieuses, n’avaient pas permis en leur temps à la police de mener l’enquête jusqu’à son terme.
Quelques années plus tard, était créé au sein de la police danoise le Département V. Un service plus ou moins bidon, dont la mission officielle était de rouvrir d’anciennes affaires classées, mais en réalité destiné à occuper un flic un peu marginal, Carl Morck, sur la touche depuis une enquête qui s’était soldée par la mort d’un de ses équipiers et la grave blessure d’un autre.
Le talent de l’auteur, outre la description minutieuse de la mécanique de l’enquête, tient essentiellement dans les portraits psychologiques des personnages. Le flic atypique et son improbable assistant d’origine syrienne – il s’appelle… Hafez el Assad – sont attachants et sympathiques. On a envie qu’ils réussissent. Mais les personnages secondaires ne sont pas négligés : la belle politicienne torturée et son jeune frère attardé, les tortionnaires et leurs parcours que l’on découvre peu à peu.
La fin du roman, efficace, bouleversante, laissera le lecteur pantois.
Note : 9/10. Excellent.


Miséricorde de Jussi Adler-Olsen. Le Livre de Poche 525 pages 8.10 €

samedi 21 novembre 2015

Le Nord et le Sud

Mankell et Camilleri. Le Suédois et le Sicilien. L’homme du Nord et celui du Sud.

   Je viens de relire « L’homme inquiet » sorti en 2009. C’est l’ultime épisode de la douzaine d’opus qui constituent, tel un opéra wagnérien, cette extraordinaire saga nordique. 
   Dans cette enquête émouvante menée par un Kurt Wallander vieillissant, dépressif, nostalgique, mais toujours impliqué dans la dénonciation des origines du malaise profond de la société suédoise et persévérant, on se retrouve dans l’univers glauque de la guerre froide et ses sordides prolongements bien après la chute du mur de Berlin. Le commissaire Wallander est au bout du rouleau. La maladie d’Alzheimer n’est pas loin. 
   Relire ce roman aujourd’hui, après la mort de l’écrivain, laisse un goût amer et révèle à mes yeux l’attachement profond qui le liait à son personnage. Il avait prétendu, lors d’un débat, que si Wallander existait il n’en ferait pas un ami. Je me permets d’en douter.
   On n’oubliera pas que le personnage du commissaire Kurt Wallander qui évolue en Scanie dans une petite ville, Ystad, a été inventé par Henning Mankell pour raconter la montée du racisme en Scandinavie. C’était le premier épisode de la série sorti en 1991 : « Meurtriers sans visage ».

   Dans « L’âge du doute », on retrouve avec plaisir la verve d’Andrea Camilleri. Son commissaire Montalbano est au mieux de sa forme. Après, il faut bien le reconnaître, quelques sorties plus décevantes. Toujours séducteurs et séduit. La truculence des dialogues, les recettes de cuisine sicilienne, les paysages, tout est réuni pour faire de ce roman un excellent moment de lecture, sans « prise de tête » comme disent les jeunes.
   Le bémol chez Camilleri, c’est le problème de la langue. En préface de ce roman, sur 4 pages, son traducteur, Serge Quadrupani, explique le difficile travail qu’il doit accomplir. La langue de Camilleri est un subtil mélange d’Italien, de Sicilien et aussi de la propre langue imagée de l’auteur. La traduction prend dans ce genre de littérature une importance d’autant plus grande. Pour ma part, je regrette certains mots traduits d’une manière qui n’apporte pas grand-chose au « parler » de Montalbano et des autres personnages. Dans certains cas ces expressions peuvent même nuire à la fluidité du récit. Par exemple le « a » devant les verbes tels que reconnaître, retrouver, etc.

   Deux auteurs de polars, deux styles très différents, ancrés l’un et l’autre dans leur culture. Crépusculaire, automnale, ventée et glaciale pour l’un, ensoleillée, chaude, exubérante pour l’autre. Mais un même talent de conteur, de créateur d’ambiance, et une vision de la société qui, au-delà des apparences, n’est peut-être pas aussi éloignée que cela. Pessimiste et désabusée. Sombre et désespérée pour l'un. Malicieuse et ironique pour l'autre.
   Leurs personnages récurrents ne se ressemblent pas, mais ils sont l’un et l’autre bien vivants, attachants et bien dans leur époque.

   Mes notes : L’homme inquiet : 9/10   L’âge du doute : 7/10


L’homme inquiet. Henning Mankell Points poche 594 pages 8.30 €
L’âge du doute. Andrea Camilleri  Pocket 260 pages 6.80 €

mardi 6 octobre 2015

Le petit monde du polar en deuil


   Jusqu’à l’année 2005, je n’avais jamais pu lire un roman policier. Je n’arrivais pas à entrer dans l’histoire. Les intrigues ne m’intéressaient pas.
   Je n’avais rien à lire cet été là. Mon gendre me proposa un « poche » au titre bizarre : « Les chiens de Riga », d’un auteur suédois. « C’est un polar, mais il y a autre chose dans ce roman », me dit-il. Malgré ma méfiance pour les romans policiers, j’en ai attaqué la lecture, sans conviction. Et je n’ai pas pu lâcher le livre. Je l’ai lu dans la nuit. J’y ai découvert le personnage attachant de Kurt Wallander, ce flic atypique du commissariat d’Ystad dans le sud de la Suède, avec ses problèmes familiaux et son regard critique sur les pouvoirs politiques et la réalité sociale de son pays.
   Henning Mankell est mort le 5 octobre dernier à Göteborg à l’âge de 67 ans.
   Pour moi, c’est le grand maître du polar. Il est à l’origine de la grande vague du polar nordique et de nombreux auteurs, dans le monde et en France, se sont inspirés de son œuvre qui se singularise par un style très littéraire et une psychologie des personnages très recherchée.
   C’est lui qui m’a fait vraiment découvrir ce que certains critiques appellent le néo-polar et qui m’a donné l’envie d’écrire. Félicien Aubin n’est pas Kurt Wallander, mais il me plaît d’imaginer que ces deux flics un peu marginaux, dépressifs, solidaires des faibles et des opprimés, ont pu se rencontrer au cours d’une enquête dans un univers glauque, quelque part en Scanie ou en Provence.
   En septembre 2015, paraissait au Seuil, l’éditeur français d’Henning Mankell, « Sable mouvant », dans lequel il évoque sa peur de mourir et sa vision de l’humanité transformée par ce cancer qui le rongeait depuis plus d’un an.
Quelques rappels des titres de
 ses romans :

Meurtriers sans visage
Le guerrier solitaire
La cinquième femme
Les morts de la Saint-Jean

Et la dernière enquête de Kurt Wallander, sortie en 2012 : L’homme inquiet

samedi 27 juin 2015

Controverse, polémique, engueulade ! Ne nous fâchons pas

    Je m'étais juré de ne pas me mêler de ces considérations bassement mercantiles. Mais là, ça commence à bien faire.
   Dans les salons et fêtes du livre auxquels je participe, de nombreux lecteurs me demandent pourquoi il est si difficile de trouver mes livres en librairie.
    Alors, voilà. Je vois au moins deux raisons.
    La première, c'est que mon éditeur n'est peut-être pas assez combatif, "commercial", pour imposer ses livres. Pas assez costaud.
  La deuxième tient au fait que la production littéraire dans notre pays est particulièrement pléthorique et les tables et les rayons des librairies croulent sous les nouveautés et de préférence, les nouveautés imposées par quelques grandes maisons d'édition bien plus puissantes que la mienne.

   Alors, dans ces conditions, tant pis si je prends position pour les grandes librairies en ligne. 
   Oui, je sais, ce n'est pas politiquement correct. Il vaut mieux défendre le petit libraire. Sauf que ce petit libraire ne fait pas toujours son travail.
   Si vous voulez acheter un de mes livres, je vous signale donc, qu'ils sont tous disponibles chez Amazon ou à la FNAC en ligne. Vous le paierez au même prix que chez votre libraire, le transport est gratuit et il sera dans votre boîte aux lettre 2 ou 3 jours après la commande.
   
Sur la partie droite de ce blog, vous avez un accès direct à mes pages spéciales sur ces sites.

mercredi 17 juin 2015

LES AUTEURS ÉTRANGERS. UNE MODE ?

   Ils sont nombreux les auteurs de polars étrangers sur les tables ou dans les rayonnages des librairies. Des Suédois, des Islandais, des Danois, des Norvégiens, des Américains, des Anglais, des Sud-africains, des Italiens. Une véritable déferlante.
   Ont-ils apporté quelque chose aux lecteurs de notre pays ? Ont-ils contribué à faire mieux connaitre les traditions, les mœurs et la culture des leurs ?
   Oui. Indiscutablement, pour plusieurs d’entre eux en tout cas. Si je devais n’en retenir qu’un, ce serait, sans hésiter, Henning Mankell. Par l’entremise de son héros récurrent, le commissaire Kurt Wallander, il a largement contribué à désacraliser la social-démocratie à la suédoise que d’aucun dépeignait en France d’une manière idyllique jusque vers la fin des années 90.
   Il y a un élément primordial qui ne doit pas être négligé pour expliquer cette « invasion » culturelle : la qualité des traductions. Et là, je dois dire que je la trouve parfois un peu trop approximative, inégale, voire bizarre.
   Je viens d’achever, par exemple, la lecture d’un roman de Deon Meyer, « 7 jours », dans lequel – ce n’est peut-être qu’une impression personnelle ‒ le traducteur s’est laissé aller, semble-t-il, à quelques facilités, à quelques libertés, qui rendent le récit moins fluide, moins facile à comprendre que dans d’autres romans de ce même auteur.

   Les traducteurs sont-ils reconnus à leur juste mérite ? Sans doute pas. Leur nom apparait parfois en page de couverture, mais pas toujours. Il est parfois relégué, en italiques minuscules, au bas de la quatrième de couverture. Pourtant, que seraient ces auteurs, sans ces authentiques écrivains de l’ombre ?
   « L’occupation » des librairies par les auteurs étrangers est-elle justifiée par l’absence, la faiblesse ou l’indigence de leurs confrères français ou francophones ?
   C’était peut-être vrai dans les années 80 et 90. Je n’en suis pas sûr. En tout cas, cela ne l’est plus aujourd’hui. Il existe chez les éditeurs une pléiade d’auteurs français de polars largement au niveau des étrangers.
   Je vais me permettre d’en citer quelques-uns dont j’ai déjà parlé dans ce blog et que je vous invite à découvrir pour ceux d’entre vous qui ne les connaissent pas encore, ou à continuer à les lire pour les autres.
-         Pierre Lemaître, et sa trilogie Verhoeven, du nom de son personnage principal
(Travail soigné, Alex, Sacrifices),
-         Franck Tilliez (Atom[KA]),
-         Michel Bussi (Un avion sans elle, Nymphéas noirs, Ne lâche pas ma main),
-         Maxime Chattam (La conjuration primitive).
-       Et aussi, évidemment, les Varois Marcus Malte (Les harmoniques, Garden of love), Karine Giebel (Purgatoire des innocents),
-         ou les Marseillais Jean Contrucci, Jean-Claude Izzo, etc… 
-         Bernard Minier (Le cercle, Glacé),
-       Un autre marseillais à la verve truculente, Maurice Gouiran (Putains de pauvres, L’hiver des enfants volés),
-         Fred Vargas, évidemment.

   Je ne cite, bien sûr, que les livres et les auteurs que j’ai lus, mais la liste est longue et de qualité. Il faut essayer, aller à la découverte. Il y a de quoi trouver son plaisir.
   Chez ces auteurs, outre le fait que le lecteur na pas à faire confiance à un traducteur ‒ c’est directement du producteur au consommateur ‒ les noms des personnages, des lieux, des villes, des institutions, nous sont familiers. Dans diverses occasions, dans des salons ou fête du livre, j’ai pu constater lors d’échanges avec des lecteurs, que des noms comparables dans certains pays, intraduisibles évidemment, sonnaient parfois durement à nos oreilles et pouvaient constituer un handicap. Il en est de même des descriptions de villes, de lieux, perdus au fin fond de contrées, dont on n’a pas la plus petite idée de la situation réelle.
  Alors, entendons-nous bien. Ne voyez surtout pas dans ce billet un nauséabond relent de xénophobie à l’encontre de ces auteurs talentueux venus d’ailleurs. Non. Il s’agit plutôt d’un plaidoyer destiné à attirer l’attention des lecteurs sur ces auteurs français qui ont du talent à revendre, qui savent raconter des histoires aussi bien que les étrangers et qui méritent autant qu’eux d’être lus.      
 
   Il y a du bon et du moins bon partout. À vous de choisir, sans idée préconçue. En dehors des modes.
   Le polar est une littérature de divertissement. Encore que…


vendredi 13 mars 2015

Chattam et Indridason

Noir c’est noir

La conjuration primitive

   Maxime Chattam ne fait pas dans la dentelle. Ce polar d’une extrême violence ne peut laisser le lecteur indifférent.

   Une brigade conduite par un adjudant de gendarmerie de la Section de recherche de Paris, épaulée par un célèbre profiler, tente d’enrayer une terrible série de meurtres d’une extrême sauvagerie, tous signés d’un mystérieux *e. Les meurtres atroces commis d’abord en France puis dans toute l’Europe par La Bête et Le Fantôme – c’est ainsi que les enquêteurs surnomment ces prédateurs mystérieux et cruels – laissent penser que les tueurs se connaissent et font peut-être partie d’une même organisation.

   Trop, c'est trop ! Chattam, depuis sa trilogie du mal, nous a habitués à aller toujours plus loin dans l'horreur. Mais là, comment peut-on imaginer de tels supplices ? Cette surenchère de sang et de tortures fait-elle forcément un bon roman à suspens ? Je n’en suis pas sûr.
   Certes, ce roman nous dit quelque chose de l’humanité et des civilisations, de la nature humaine et de ce qu’il y a de pire en l’homme. Mais un tel déluge de souffrances, de morts, cette compétition dans l’horreur, loin d’ajouter de la crédibilité à cette histoire, ont plutôt tendance à desservir l’auteur.

   Le lecteur que je suis a fini par se détacher, à prendre du recul, à se demander, un brin narquois, comme dans un jeu, jusque où l’auteur nous entraînerait dans la noirceur d’esprits dérangés de quelques tueurs nostalgiques d’une autre époque.
   « Ce qu’il y a de pire en nous. Pour mieux aimer tout le reste ». C’est ce que dit Maxime Chattam au début de l’ouvrage. C’est un point de vue !

La conjuration primitive - Maxime Chattam. 537 pages. Editions Pocket


Indiana Jones est de retour

   Dans « Le livre du roi », l’écrivain islandais Arnaldur Indridason nous plonge dans l’histoire de son pays, l'Islande. En 1955, à Copenhague où il a été envoyé par sa tante pour ses études, le jeune Valdemar, passionné par les recherches sur les manuscrits des Sagas d’Islandais conservés pour la plupart à la Bibliothèque royale de Copenhague, rencontre un étrange professeur qui a détenu, autrefois, le fameux manuscrit du Livre du roi. Leur amitié va les entraîner dans une aventure à la fois littéraire et dangereuse, à la recherche de ce trésor pour lequel certains sont prêts à voler et même à tuer.
   Ce roman passionnant nous emporte dans une quête aventureuse à travers l’Europe de l’époque encore marquée par le rideau de fer, dix ans après la fin de la seconde guerre mondiale et les turpitudes du nazisme.
   Pour Indridason, « Le livre du roi  survivra à toutes les bassesses des hommes. Il survivra à nous tous. Il est notre histoire et notre existence passées, présentes et futures. » Il parle bien sûr des Islandais.
   Par certains côtés, c’est Tintin et le professeur Tournesol, ou les aventures d’Indiana Jones. Mais le romanesque bien construit, comme toujours chez cet écrivain, imprégné de cette culture nordique qu’il connait si bien, font de ce roman un polar pas comme les autres.
   Á lire avec délectation.

Le livre du roi - Arnaldur Indridason. 425 pages. Editions Points poche