La littérature policière s’efforce de refléter la société telle qu'elle a été, qu'elle est, ou qu'elle devient.
Est-ce prétendre, alors, qu’énigmes, crimes ou intrigues, ne sont que prétextes à évoquer des faits passés, actuels ou futurs, qu'ils soient politiques, économiques, sociaux, régionaux ou nationaux, voire internationaux ?
Certainement pas.
Néanmoins l'enquête policière se déroule dans un environnement donné. Enquêteurs et criminels sont des hommes et des femmes immergés dans ce contexte.
Pour ce qui est de l'environnement, dans mes polars, c'est le Sud. Le sud de la France, et plus particulièrement, le Var, ses paysages, son climat, la mer, la mentalité de ses habitants, l'apparente convivialité et la violence sous-jacente.
Pour le contexte sociétal, ce sont les grands thèmes qui marquent notre époque : les injustices, la science, l'écologie, le climat, les migrations, le terrorisme, les droits de l'homme, le nationalisme, etc...

mercredi 17 juin 2015

LES AUTEURS ÉTRANGERS. UNE MODE ?

   Ils sont nombreux les auteurs de polars étrangers sur les tables ou dans les rayonnages des librairies. Des Suédois, des Islandais, des Danois, des Norvégiens, des Américains, des Anglais, des Sud-africains, des Italiens. Une véritable déferlante.
   Ont-ils apporté quelque chose aux lecteurs de notre pays ? Ont-ils contribué à faire mieux connaitre les traditions, les mœurs et la culture des leurs ?
   Oui. Indiscutablement, pour plusieurs d’entre eux en tout cas. Si je devais n’en retenir qu’un, ce serait, sans hésiter, Henning Mankell. Par l’entremise de son héros récurrent, le commissaire Kurt Wallander, il a largement contribué à désacraliser la social-démocratie à la suédoise que d’aucun dépeignait en France d’une manière idyllique jusque vers la fin des années 90.
   Il y a un élément primordial qui ne doit pas être négligé pour expliquer cette « invasion » culturelle : la qualité des traductions. Et là, je dois dire que je la trouve parfois un peu trop approximative, inégale, voire bizarre.
   Je viens d’achever, par exemple, la lecture d’un roman de Deon Meyer, « 7 jours », dans lequel – ce n’est peut-être qu’une impression personnelle ‒ le traducteur s’est laissé aller, semble-t-il, à quelques facilités, à quelques libertés, qui rendent le récit moins fluide, moins facile à comprendre que dans d’autres romans de ce même auteur.

   Les traducteurs sont-ils reconnus à leur juste mérite ? Sans doute pas. Leur nom apparait parfois en page de couverture, mais pas toujours. Il est parfois relégué, en italiques minuscules, au bas de la quatrième de couverture. Pourtant, que seraient ces auteurs, sans ces authentiques écrivains de l’ombre ?
   « L’occupation » des librairies par les auteurs étrangers est-elle justifiée par l’absence, la faiblesse ou l’indigence de leurs confrères français ou francophones ?
   C’était peut-être vrai dans les années 80 et 90. Je n’en suis pas sûr. En tout cas, cela ne l’est plus aujourd’hui. Il existe chez les éditeurs une pléiade d’auteurs français de polars largement au niveau des étrangers.
   Je vais me permettre d’en citer quelques-uns dont j’ai déjà parlé dans ce blog et que je vous invite à découvrir pour ceux d’entre vous qui ne les connaissent pas encore, ou à continuer à les lire pour les autres.
-         Pierre Lemaître, et sa trilogie Verhoeven, du nom de son personnage principal
(Travail soigné, Alex, Sacrifices),
-         Franck Tilliez (Atom[KA]),
-         Michel Bussi (Un avion sans elle, Nymphéas noirs, Ne lâche pas ma main),
-         Maxime Chattam (La conjuration primitive).
-       Et aussi, évidemment, les Varois Marcus Malte (Les harmoniques, Garden of love), Karine Giebel (Purgatoire des innocents),
-         ou les Marseillais Jean Contrucci, Jean-Claude Izzo, etc… 
-         Bernard Minier (Le cercle, Glacé),
-       Un autre marseillais à la verve truculente, Maurice Gouiran (Putains de pauvres, L’hiver des enfants volés),
-         Fred Vargas, évidemment.

   Je ne cite, bien sûr, que les livres et les auteurs que j’ai lus, mais la liste est longue et de qualité. Il faut essayer, aller à la découverte. Il y a de quoi trouver son plaisir.
   Chez ces auteurs, outre le fait que le lecteur na pas à faire confiance à un traducteur ‒ c’est directement du producteur au consommateur ‒ les noms des personnages, des lieux, des villes, des institutions, nous sont familiers. Dans diverses occasions, dans des salons ou fête du livre, j’ai pu constater lors d’échanges avec des lecteurs, que des noms comparables dans certains pays, intraduisibles évidemment, sonnaient parfois durement à nos oreilles et pouvaient constituer un handicap. Il en est de même des descriptions de villes, de lieux, perdus au fin fond de contrées, dont on n’a pas la plus petite idée de la situation réelle.
  Alors, entendons-nous bien. Ne voyez surtout pas dans ce billet un nauséabond relent de xénophobie à l’encontre de ces auteurs talentueux venus d’ailleurs. Non. Il s’agit plutôt d’un plaidoyer destiné à attirer l’attention des lecteurs sur ces auteurs français qui ont du talent à revendre, qui savent raconter des histoires aussi bien que les étrangers et qui méritent autant qu’eux d’être lus.      
 
   Il y a du bon et du moins bon partout. À vous de choisir, sans idée préconçue. En dehors des modes.
   Le polar est une littérature de divertissement. Encore que…