La littérature policière s’efforce de refléter la société telle qu'elle a été, qu'elle est, ou qu'elle devient.
Est-ce prétendre, alors, qu’énigmes, crimes ou intrigues, ne sont que prétextes à évoquer des faits passés, actuels ou futurs, qu'ils soient politiques, économiques, sociaux, régionaux ou nationaux, voire internationaux ?
Certainement pas.
Néanmoins l'enquête policière se déroule dans un environnement donné. Enquêteurs et criminels sont des hommes et des femmes immergés dans ce contexte.
Pour ce qui est de l'environnement, dans mes polars, c'est le Sud. Le sud de la France, et plus particulièrement, le Var, ses paysages, son climat, la mer, la mentalité de ses habitants, l'apparente convivialité et la violence sous-jacente.
Pour le contexte sociétal, ce sont les grands thèmes qui marquent notre époque : les injustices, la science, l'écologie, le climat, les migrations, le terrorisme, les droits de l'homme, le nationalisme, etc...

lundi 15 décembre 2014

Description... ou pas ?

   Parmi tous les messages que je reçois, et dont je profite au passage pour remercier les auteurs, quelques-uns évoquent le physique de mes personnages. Et il ressort qu'il y a deux conceptions différentes chez les lecteurs.
   Certains penchent plutôt pour une description minimaliste, préférant laisser libre cours à leur imagination pour "voir" à leur manière les différents personnages. Je parle surtout, bien entendu, de la description physique. Les traits de caractère, la personnalité, la psychologie des protagonistes sont d'autres aspects de la création des personnages sur lesquels on pourrait réfléchir à une autre occasion. 
    D'autres souhaitent une description plus poussée, plus directive, plus précise. Façon "cinéma". C'est le cas d'une lectrice dont je vous propose le commentaire à propos de "En attendant Sarah".
     Bien sûr, il n'y a pas de vérité en la matière. Les deux approches sont également pertinentes. Dans les romans que je vous ai conseillés cette année, on trouve d'ailleurs ces deux propositions différentes.
    Je dois dire que, d'une manière générale, je me sens plus proche de l'approche cinématographique de la description des lieux et des personnages. Peut-être que dans "En attendant Sarah", j'ai plus focalisé mon attention sur les personnages de la journaliste et de son compagnon.
    Un conseil intéressé : lisez "Crimes et sentiments". C'est dans ce premier opus de la série que le personnage tourmenté et fragile de Félicien Aubin est décrit avec tendresse et étonnement (de ma part, bien sûr). J'ai l'impression de l'avoir découvert au fur et à mesure que j'écrivais le roman, le Félicien. Au fond, j'ai fait sa connaissance comme les lecteurs.

En attendant que « Crimes et Sentiments » soit à nouveau disponible, c’est « En attendant Sarah » que j’ai lu.
Ce roman, tout comme « Le Laboratoire du Diable », happe son lecteur pour ne le lâcher qu’à la 4ème de couverture. L’aventure vécue par Sarah est vraisemblable ; c’est ce qui guette les journalistes actuels tentés de jouer les lanceurs d’alertes en réaction à une corruption de plus en plus manifeste.
J’ai aimé que le lieu de l’action et de la réflexion ne soit pas seulement situé dans les locaux de l’hôtel de Police mais souvent délocalisé au domicile de la jolie Sarah. 
Une chose me manque cependant : autant j’ai été renseignée sur Sarah, son physique, ses vêtements et même la couleur de ceux-ci, autant je n’arrive pas à « voir » Félicien Aubin. Quelle apparence a-t-il cet homme dont le caractère nous est familier maintenant ? Son style est-il décontracté (inséparable de son vieux blouson) ou sportif (t-shirt et jeans, pas trash sûrement)… Je suis certaine que l’auteur, lui, le voit parfaitement, avec ses tics même (ne tourne-t-il pas le pied quand il réfléchit ?). La description de Félicien a dû apparaître dans ce premier roman que je n’ai pu lire et je n’ai trouvé ici pour alimenter mon imagination que la remarque de Béatrice : « beau brun » et éventuellement la plaisanterie du lieutenant Aubert sur le duo Aubin-Silvere qu’il compare à Laurel et Hardy, page 71.
Eh bien, je vais aller voir dans « Le Règne de Saturne » si de nouveaux éléments vont m’aider à reconnaître Félicien Aubin à la terrasse du Med.

Nicole Lepoutre. Décembre 2014.